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18/02/2020
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Atteindre la reconnaissance – Récit d’un membre des FAC en célébration du patrimoine latino-américain

Par Joseph Fusco, Le Gardien –

Le 21 juin 2018, le Parlement a adopté une loi désignant octobre comme le Mois du patrimoine latino-américain. À la fin du mois d’octobre, le Gardien s’est entretenu avec l’Adjudant-maître (Adjum) Adis Perez, administrateur principal des ressources humaines de l’Unité de soutien des Forces canadiennes (Ottawa) (USFC[O]), pour discuter de la réalité d’être « Latina »  dans les Forces armées canadiennes (FAC) et comment le Mois du patrimoine latino-américain peut se développer au cours des prochaines années au sein des FAC et de l’Équipe de la Défense.

L’Adjum Perez s’est enrôlée comme réserviste dans l’artillerie en 1997. Au début des années 2000, elle a changé de spécialité pour devenir commis de soutien à la gestion des ressources, puis en 2002, elle est devenue membre de la Force régulière. Sa première affectation dans la Force régulière était ici, à l’USFC(O), comme adjointe de l’adjudant-chef du QGDN. Faire partie des FAC a permis à l’Adjum Perez de se rendre dans différents endroits du monde, notamment en Allemagne, à Gagetown, à Petawawa et à Washington DC. Elle est revenue à l’UFSC(O) en juillet 2019 et occupe désormais le rang le plus élevé des membres du rang représentant la communauté latino-américaine des FAC.

L’Adjum Perez est née et a grandi au Salvador, puis elle a immigré au Canada après ses études secondaires à l’âge de 18 ans. À ce moment, la mère de l’Adjum Perez vivait déjà ici, ce qui lui a donné la possibilité de l’aider pour qu’elle vienne vivre avec sa mère. En arrivant ici, l’Adjum Perez ne parlait pas anglais, comme elle le dévoile au Gardien, « je voulais d’abord aller à l’école pour apprendre l’anglais parce que je ne parlais que l’espagnol. Je me suis donc inscrite à un cours d’anglais langue seconde pour adultes ».

Le fait d’être une « Latina » dans la FAC a ouvert de nombreuses portes à l’Adjum Perez, non seulement sur le plan professionnel, mais également au sein de sa communauté, car elle est un exemple des possibilités qu’offrent les FAC à tous les Canadiens. La plupart des Hispaniques vivants au Canada viennent ici pour échapper à la guerre civile ou à d’autres conflits armés. «En tant que tels, nous rencontrons le problème de la confiance ou de sentiment d’intimidation envers ceux qui portent l’uniforme (ami ou ennemi).  En Amérique latine, de nombreux parents hésitent à laisser leurs enfants rejoindrent une organisation militaire, alors que certains autres groupes ethniques minoritaires possèdent une vision de l’armée plus positive. Je pense qu’il y a toujours un fossé pour les Hispaniques à ce sujet », a déclaré l’Adjum Perez.

« Il est important que la communauté latine se rendre compte que les FAC sont une représentation juste du Canada, et que cette représentation est inclusive à toutes les communautés peu importe vos origines : Espagne, Amérique centrale ou du sud, ou tout autre pays hispanophone. Tous les membres des FAC possédant des origines hispaniques ont fait des nombreux sacrifices pour ce pays. Et être une Latina dans la FAC est fantastique! »

Interrogée sur sa motivation à promouvoir et à défendre la communauté latino-américaine, l’Adjum Perez a expliqué que la population latino-américaine est assez nombreuse au Canada et qu’elle ne représente pas l’importance de la communauté latino-américaine. Elle était également très catégorique sur la façon de contribuer au changement. « Si je veux voir un changement, je dois commencer par moi-même. Maintenant que je suis de retour à Ottawa, j’ai une excellente occasion de promouvoir la communauté de manière plus efficace. »

Au sein de l’Équipe de Défense un programme de sensibilisation à l’intention des membres latino-américains existe depuis 2009. Un groupe a été créé et continue d’être géré par le Capitaine de vaisseau Milton Hoyos et le Capitaine Rey Garcia-Salas. Au départ, leur principal objectif était de réunir les membres de la FAC d’Amérique latine en les reliant par courrier électronique. L’Adjum Perez fait partie de ce groupe et reconnaît leurs efforts soulignant qu’ « ils ont beaucoup travaillé pour les FAC et la communauté afin de faire connaitre notre nom, de faire connaître notre identité communautaire et de pouvoir communiquer les uns avec les autres ».

Adjudant-maître Adis Perez, administrateur principal des ressources humaines de l’Unité de soutien des Forces canadiennes (Ottawa)

L’Adjum Perez a eu de nombreuses occasions de mettre en valeur ses antécédents culturels et ses compétences linguistiques en espagnol. Elle a eu l’occasion de participer à des conférences chez elle en Amérique latine et à l’étranger également. Ces conférences ont apporté un soutien à la marine, à l’armée de terre et à l’armée de l’air, plus particulièrement au système de coopération entre les forces aériennes américaines (SICOFAA). Elle a également été sélectionnée pour siéger à la Commission inter-américaine de défense (JID) à Washington, DC. Au cours de son service aux États-Unis, elle a remarqué que nos voisins du sud avaient une longueur d’avance sur la reconnaissance des minorités. Comme l’a dit l’Adjum Perez : « aux États-Unis, vous n’avez pas besoin d’une excuse pour célébrer votre héritage. Chaque pays à son propre mois du patrimoine, la plupart d’entre août et septembre, la plupart des journées de l’indépendance ayant lieu pendant cette période. Il y a toujours une fête en cours. » Cela facilite l’intégration des membres latino-américains au sein de l’équipe de la Défense américaine, « mais avec plus de visibilité le Canada n’est pas loin derrière », a-t-elle ajouté. Toutes ces expériences ont aidé l’Adjum Perez à comprendre le rôle que jouent les Latino-Américains au sein des FAC et des autres équipes de la Défense dans la sécurité des pays occidentaux.

Le 4 octobre 2019, l’Adjum Perez a eu l’occasion de rencontrer d’autres membres de la communauté latino-américaine de la région de la capitale nationale (RCN) à l’hôtel de ville lors du lancement officiel du Mois du patrimoine latino-américaine. Ce fut un événement digne d’éloges auquel ont assisté de nombreux propriétaires d’entreprises, professionnels et d’autres dignitaires d’Amérique latine. « C’était très emballant, car tous les participants nous ont accueillis et en tant qu’immigrés, c’est un sentiment formidable d’être si bien accueillis et inclus dans cette communauté. »

Maintenant que les FAC reconnaissent le Mois du patrimoine latino-américain, il incombe aux membres de la communauté de s’exprimer à propos des événements qu’ils aimeraient voir se dérouler au cours du mois d’octobre afin de promouvoir la communauté davantage. « À mon sens, l’institution nous reconnait maintenant. Que faisons-nous en tant que communauté pour mettre en valeur notre culture, notre patrimoine et nos contributions à cette grande nation? », a déclaré l’Adjum Perez. « Cela fait des années que nous faisons pression pour obtenir un statut national, et maintenant nous l’avons, il est temps d’en tirer le meilleur parti. »

Mention de source – image en titre : la Feuille d’érable, autres photos : Services d’imagerie de l’USFC(O)

Cet article est également disponible en : English (Anglais)

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