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Des espèces en péril entre bonnes mains au Centre d’entraînement élémentaire du Polygone de Connaught

Par Steven Fouchard, Direction des Affaires publiques de l’Armée –

Le Centre d’entraînement élémentaire du Polygone de Connaught (CEEPC), situé dans le sud-ouest d’Ottawa, est un carrefour principal d’entraînement au maniement des armes à feu pour les forces militaires et policières. Avec une telle description, on pourrait penser que cet endroit est peu hospitalier pour la faune et la flore, mais il s’agit en réalité d’un refuge sécuritaire pour une grande variété de plantes, d’animaux et d’insectes désignés par les autorités gouvernementales comme des espèces en péril ou en voie de le devenir.

Un membre des Forces armées canadiennes se prépare à tirer durant la Concentration de tir aux armes légères des Forces armées canadiennes, le 6 septembre 2016, au Centre d’entraînement élémentaire du Polygone de Connaught, en Ontario. Photo : Aviateur Desiree T. Bourdon, Centre d’imagerie interarmées des Forces canadiennes. ©2016 MDN-DND Canada.

Ce refuge, on le doit au ministère de la Défense nationale (MDN) et à ses collègues fédéraux de Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC), qui travaillent en étroite collaboration pour assurer le respect des lois qui protègent ces espèces – du noyer cendré au monarque, en passant par la tortue serpentine et l’aigle à tête blanche.

Une politique de bon voisinage

Comme l’explique Paul Haight, conseiller en environnement de SPAC responsable du soutien environnemental à cette installation du MDN, les exigences de sécurité du CEEPC limitent l’activité humaine à un point tel que la majorité du site est encore plus écologiquement diversifié que le parc Gatineau, l’un des secteurs récréatifs boisés les plus populaires de la région de la capitale nationale.

« Les terrains du MDN regorgent d’espèces variées, en partie grâce aux restrictions d’activité humaine sur ces sites », souligne-t-il.

« Il n’y a pas beaucoup d’activité humaine à Connaught, mis à part la maintenance de routine et l’entraînement du MDN. La zone à l’arrière est pratiquement intacte. Nous appliquons par ailleurs une politique de « bon voisinage » en nous efforçant de respecter ou de surpasser les normes fédérales, provinciales et municipales dans l’ensemble de nos sites. »

SPAC agit à titre de gestionnaire de propriétés pour les ministères du gouvernement fédéral, entre autres rôles, et s’implique au CEEPC dans le cadre d’un protocole d’entente avec le MDN.

 

Haight est employé de SPAC depuis 2001, après avoir travaillé comme conseiller et consultant en environnement dans le secteur privé pendant la majeure partie des années 1990. Son poste actuel découle de l’adoption de la Loi canadienne sur les espèces en péril, en 2002.

SPAC, qui s’appelait auparavant Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, avait alors mis en place des programmes visant à évaluer les espèces en péril sur les terrains du gouvernement. Une évaluation approfondie du CEEPC, qui représente une superficie d’un peu plus de 1000 hectares, a été effectuée en 2014 et sera mise à jour en 2019.

« C’est un secteur qui regorge d’espèces. Nous en avons recensé 22 en péril », souligne M. Haight.

L’intervention de SPAC comprend l’amélioration des habitats des animaux ainsi que la création de plans de gestion avec un dépliant informatif, pour que tous les occupants connaissent les espèces qui vivent sur le site et veillent ensemble à leur protection.

« L’un des problèmes, c’était les tortues qui arrivaient par la rivière des Outaouais pour faire leur nid, et qui finissaient directement dans le champ de tir. Nous avons donc créé une zone de nidification entre la rivière et le champ, en faisant appel à un biologiste pour l’aménager. On voit encore les tortues marcher le long des rues à Connaught, et c’est pourquoi nous avons installé des panneaux d’avertissement pour les conducteurs. »

SPAC et le MDN ont adopté une approche pratique similaire pour les espèces de chauves-souris ayant élu domicile sur le site — une approche également bénéfique pour la santé de la population humaine. « Nous avons installé des dortoirs à chauve-souris pour protéger et favoriser leur habitat. Comme vous le savez, les chauves-souris mangent beaucoup de moustiques. Nous devons administrer des traitements pour le virus du Nil occidental. Plus de chauves-souris signifie moins de moustiques », explique M. Haight.

Ce dernier indique que SPAC envisage maintenant de mener une évaluation du noyer cendré dans le secteur. Cette espèce est considérée comme étant en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en péril fédérale et de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario. Un plan de rétablissement pourrait également avoir des effets positifs à long terme pour 30 autres espèces dont la conservation est préoccupante.

« Nous pourrions prendre des échantillons à titre de marqueurs génétiques, puisque bon nombre sont touchés par des maladies. Si nous avons une population d’arbres saine, nous pourrions les faire pousser et les replanter ailleurs, pour établir une nouvelle population » conclut M. Haight.

Pour obtenir plus d’information sur les espèces présentes au CEEPC, communiquez par courriel.

Photos fournies par DAPA (Pixabay.com)

Cet article est également disponible en : English (Anglais)

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