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Des femmes vétérans célèbrent la Journée internationale de la femme avec un thé d’honneur et des histoires de courage

Spencer McBride, Le Gardien –

La Journée internationale des femmes est un événement important au Centre de soins de santé des anciens combattants Perley-Rideau, car elle offre à la communauté une occasion parfaite de reconnaître les contributions des nombreuses femmes vétérans qui y vivent. Le thé d’honneur de la Journée internationale des femmes, qui a eu lieu le 5 mars cette année, a permis de rendre hommage aux femmes vétérans de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre de Corée, et de leur offrir des fleurs et des chocolats, du café, des sandwichs et, bien entendu, un thé d’honneur.

« L’événement vise à reconnaître celles qui ont longtemps eu l’impression de ne pas mériter une reconnaissance », a déclaré Sara Francis, qui est la coordonnatrice du développement du Centre mais également l’une des personnes qui ont organisé l’événement. « Cela aide les personnes à réfléchir à ce qu’elles ont accompli et à comprendre l’importance de leur service. »

Edith Goodspeed et sa fille, Maureen.

On a pu parler à certaines femmes présentes et les histoires qu’elles racontent parlent de cette importance. Edith Goodspeed, qui célébrera son 100e anniversaire en avril 2019, a commencé sa formation pour devenir infirmière à 18 ans, et a rejoint les infirmières militaires à 21 ans. Aidée par sa fille Maureen Goodspeed pour raconter son histoire, elle a parlé de son arrivée en Angleterre en 1943 et de l’aide qu’elle a apportée aux soldats alités pour qu’ils se remettent sur pied. « J’ai toujours été heureuse de les aider, nos gars étaient merveilleux. » Sa fille a répliqué : « Bien sûr que tu penses ça, tu as épousé l’un d’entre eux! »

En effet, Edith a rencontré son futur époux, Donald Goodspeed, à l’hôpital où elle travaillait, et ils se sont mariés seulement six semaines après leur première rencontre. Elle prétend l’avoir aimé dès qu’elle a goûté à son excellente soupe aux légumes. « Je ne dirais pas qu’il s’agissait d’un amour au premier regard », a-t-elle dit en riant : « C’était un amour à la première soupe! »

C’est une femme très humble. Lorsqu’on lui pose des questions sur ses contributions à l’effort de guerre, elle parle principalement des contributions des soldats. Cependant, comme sa fille lui a rappelé, les soldats n’auraient pas accompli autant sans son aide. Pendant la guerre, Edith n’a jamais pensé obtenir une quelconque reconnaissance pour ses efforts, trop concentrée sur les soins infirmiers cruciaux qu’il fallait souvent fournir 24 h sur 24, 7 jours sur 7. Cela pouvait être dangereux, Edith repense aux nombreux bombardements évités de justesse à la fin de la guerre. Elle se souvient encore d’un bombardement auquel elle a échappé à un fil. Un soldat a couru dans sa tente et lui a crié : « Baissez-vous, ma sœur! » Elle s’est couchée par terre quelques secondes avant que des éclats d’obus commencent à siffler au-dessus d’elle. Lorsqu’on lui a demandé si ses efforts et ses années de service ont contribué à la place des femmes dans la société moderne, elle a simplement répondu : « Eh bien, je l’espère! »

La sous‑ministre de la Défense nationale Jody Thomas.

Les personnes qui ont pris la parole au thé d’honneur ont confirmé ses espoirs. La sous‑ministre Jody Thomas a prononcé un discours s’adressant à toutes les autres femmes comme Edith. « Vous, les femmes vétérans, nous avez montré à nous et au monde entier, que les femmes peuvent faire n’importe quoi. Les femmes comme moi occupent les postes que nous occupons grâce à vous. » Alors qu’elle parlait du temps qu’elle a passé à la Marine royale canadienne, elle a rappelé les défis qu’elle, à l’instar des femmes vétérans des premières générations, a dû surmonter pour tenter d’obtenir un traitement égal, ces défis allant d’options professionnelles limitées à des collègues sexistes. Mais elle a également parlé de la façon dont les attitudes ont évolué, de la façon dont les Forces armées canadiennes (FAC) ont amélioré leur approche à l’égard des femmes, et de tout ce qu’on devait aux femmes vétérans de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre de Corée. Mme Thomas a déclaré « et la façon dont on fait les choses… Nous n’aurions pas pu le faire sans vous. »

L’une des personnes à l’origine de l’événement, le Major (à la retraite) Sandra Perron, a également évoqué l’importance de la reconnaissance des vétérans. Le Major (ret.) Perron a été la première femme officier d’infanterie de l’Armée canadienne à se joindre au Royal 22e Régiment en 1990 et à participer à une mission de maintien de la paix en ex-Yougoslavie. Elle siège désormais au Conseil d’administration du Centre Perley-Rideau, et considère cet événement comme l’un de ses moments préférés de l’année.

Le major (à la retraite) Sandra Perron.

Elle pense que les événements comme celui-ci sont nécessaires, car la reconnaissance des accomplissements des femmes vétérans fait toujours défaut dans la société. « Les femmes vétérans sont souvent invisibles. Elles sont invisibles dans nos manuels, à la Monnaie royale canadienne et en ligne. » Elle a fait remarquer les exploits remarquables de nombreuses femmes présentes, notamment ceux de Doris Jenkins, qui a travaillé en tant que mécanicien de réparation à l’étranger pendant la Seconde Guerre mondiale, ceux de Jessie Chenevert, qui est devenue directrice des soins infirmiers pendant la même période, et bien sûr ceux d’Edith.

On lui a demandé ce qui l’a inspirée pour créer un événement offrant à ces femmes cette reconnaissance. Elle a raconté : « Je prends parfois la parole dans les écoles, auprès des enfants de troisième et de quatrième année. Je peux être devant eux, en équipement militaire complet, avec des médailles épinglées sur la poitrine, et ils attendent toujours que le « Major Perron » arrive, car ils ne pensent jamais qu’ils vont rencontrer une femme. » Sa motivation provient en grande partie de l’évolution de la perception sociétale des rôles que les femmes peuvent jouer dans les FAC.

« Une telle reconnaissance met les femmes au premier plan, là où elles peuvent être des mentors les unes avec les autres et se soutenir mutuellement. » Pour finir, elle a remercié Mme Thomas pour sa présence : « Le message le plus important à passer à la communauté de la défense est de continuer à soutenir des événements comme ceux-ci, parce que se reconnaître les uns les autres comme cela est la meilleure façon pour nous de devenir plus fortes ensemble. »

La Journée internationale des femmes a également aidé à recueillir des fonds pour le Centre de soins de santé des anciens combattants Perley-Rideau, à la fois au moyen d’enchères silencieuses et du parrainage de châles Coquelicot du souvenir pour les femmes vétérans vivant au centre. Pour appuyer le programme, vous pouvez en apprendre davantage à son sujet t sur la façon de parrainer les châles sur leur site Web, ou acheter le livre u Major Perron (ret.) sur le temps qu’elle a passé aux FAC, Seule au front.

L’événement s’est terminé par l’éloge du Major Perron (ret.) pour les prestations du Chœur des femmes de militaires et du Chœur des voix de l’Armée. Elle a une dernière fois félicité les femmes vétérans pour leur service, et a invité tout le monde à venir au Centre l’année prochaine, le 3 mars 2020, pour la troisième édition du thé d’honneur de la Journée internationale annuelle des femmes du Centre de soins de santé des anciens combattants Perley-Rideau.

Photos gracieuseté du personnel du Centre de soins de santé des anciens combattants Perley-Rideau

Cet article est également disponible en : English (Anglais)

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