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L’athlétisme chez les vétérans (maîtres) – Nouvelle série sur l’entraînement

Par le Major Serge Faucher, athlète de l’ARC –

Au cours des prochains mois, le Gardien présentera une série d’articles sur l’athlétisme, plus particulièrement le 400 m. Le Major Serge Faucher est un athlète de longue date des Forces armées canadiennes, médaillé à plusieurs reprises et détenteur de nombreux records. Ardent défenseur du sport à l’échelle nationale et internationale, il rédige actuellement un livre sur le sujet. Voici donc le premier article de cette série consacrée à l’athlétisme.

Les origines de l’athlétisme remontent à la Grèce ancienne, ce qui en fait l’une des plus anciennes disciplines toujours pratiquées. De nos jours, l’athlétisme est l’un des sports les plus captivants et les plus divertissants à regarder, surtout pendant les Jeux olympiques. Bien qu’ils aient évolué au fil des ans, ses principes fondamentaux demeurent les mêmes et peuvent généralement s’appliquer à la plupart des distances et des sports. Dans le cadre de cette série d’articles, vous en apprendrez davantage sur l’entraînement, l’entraînement croisé, l’entraînement aux poids, la récupération, les exercices de pliométrie, la gestion des blessures, la nutrition, la stratégie de course et plus encore.

Sous le radar

Au cours des dix dernières années, mon frère, l’Adjudant-chef Claude Faucher, 17e Escadre Winnipeg, et moi-même avons fait l’objet d’une couverture médiatique locale, après avoir remporté des médailles dans le cadre de compétitions d’athlétisme provinciales, nationales et internationales de la catégorie Vétéran (ou Maître). Les questions qui nous sont le plus souvent posées concernent l’entraînement, la nutrition et, plus généralement, le conditionnement physique, mais la plus fréquente est la suivante : « Courez-vous des marathons? ». Au Canada, il semblerait que le terme athlétisme soit utilisé pour désigner d’autres événements sportifs, comme le cross-country, les marathons et la course sur route, plutôt que les épreuves sur piste uniquement.

Pour certains d’entre vous, il se peut que la connaissance de l’athlétisme se limite à ce que vous avez entendu au sujet d’un athlète de 103 ans qui court toujours le 100 m, quelque part au Canada ou aux États-Unis. S’il s’agit d’un exploit louable, son intérêt pour les téléspectateurs réside dans le fait que c’est un événement inédit. Il ne représente pas fidèlement ce que nous faisons, en tant qu’athlètes.

L’athlète vétéran (maître)

La catégorie Vétéran varie d’un sport à l’autre. En athlétisme, elle est composée de personnes de 35 ans et plus. L’association World Masters Athletics (WMA) définit les groupes d’âge pour les hommes, comme pour les femmes, par échelons de cinq ans. Par exemple, la catégorie F45 comprend les femmes âgées de 45 à 49 ans. La WMA a reçu le mandat de l’Association internationale des fédérations d’athlétisme (IAAF) de diriger le sport des Vétérans (ou Maîtres) et l’athlétisme à l’échelle mondiale. Il y a actuellement 4 000 vétérans membres d’Athlétisme Canada ou de l’une des organisations d’athlétisme provinciales.

Il n’est jamais trop tard pour commencer

Karla Del Grande (dossard 468) est membre de l’organisme Vétérans canadiens en athlétisme depuis 16 ans et court maintenant dans le groupe F65. Depuis qu’elle a commencé à s’adonner à la compétition, à l’âge de 49 ans, elle a établi plusieurs records canadiens et en détient actuellement 24 dans le cadre d’épreuves individuelles et 10 en course à relais. Elle a battu onze records de la WMA et en détient toujours huit. Elle a remporté 25 médailles d’or et 5 d’argent lors d’épreuves individuelles aux Championnats d’athlétisme intérieur et extérieur de la WMA. Dans sa catégorie d’âge, ses cotes atteignent habituellement plus de 100 p. cent, certaines s’élevant même à 105 p. cent. Les athlètes comme elles sont une véritable source d’inspiration et nous incitent à poursuivre l’entraînement et à nous adonner à la compétition comme vétérans.

Comme bien d’autres, j’ai commencé à pratiquer ce sport relativement tard dans la vie. Mon frère m’a encouragé à essayer l’athlétisme à l’âge de 45 ans; c’était il y a 10 ans. Comme celui-ci a connu un certain succès dans les distances allant de 800 m à 5 000 m à l’adolescence et au début de sa vie adulte, il pensait que je pouvais moi aussi réussir, puisque nous partageons la même génétique. Alors, sans entraînement adéquat ni connaissance particulière de ce « nouveau sport », j’ai décidé de courir le 800 m à l’installation de l’aréna Max Bell, de Winnipeg, au Manitoba. Après de grandes souffrances dues à l’accumulation d’acide lactique, j’ai franchi la ligne d’arrivée en 2 min 32 s. Si un tel résultat s’avère satisfaisant pour un débutant, il n’est absolument pas compétitif pour des « jeunes » de l’université. J’ai peut-être fini bon dernier dans cette épreuve, mais j’ai été conquis et n’ai jamais regretté!

À la suite de cette première et très douloureuse course, je me suis concentré sur le 800 m et le 1 500 m, ces distances étant bien adaptées pour un ancien coureur de 5 ou 10 km. Après avoir acquis un peu d’expérience, j’ai décidé de tenter ma chance au 400 m. Je n’étais absolument pas préparé à la rapidité du départ ni à la fureur associée à cette distance! J’ai toutefois beaucoup aimé l’expérience et attendu la prochaine épreuve avec impatience. L’outil de calcul de la catégorie d’âge (Age Grading Calculator), découvert en ligne, a établi clairement que les épreuves de piste combinées de 400 m/800 m étaient celles qui me convenaient le mieux. L’analyse de mes performances à l’aide de cet outil m’a amené à modifier mon programme d’entraînement et à y ajouter l’amélioration de ma vitesse. Après quelques années, j’ai dû recentrer mon attention, cette fois sur les courses de 200 m/400 m, les résultats au 200 m dans ma catégorie d’âge étant toujours meilleurs que ceux du 800 m. Ce changement m’a également permis d’améliorer ma vitesse au 400 m, qui est maintenant ma distance de choix. J’ai appris une chose : pour atteindre le niveau de performance le plus élevé, il faut porter son attention sur une seule distance et adapter son entraînement en conséquence. Dans mon cas, je m’entraîne pour le 400 m, mais je peux augmenter ma distance jusqu’à 600 m ou la diminuer à 200 m, tout en demeurant compétitif.

Réussir malgré les obstacles de la génétique

Les exigences pour devenir un athlète vétéran accompli se résument à un mélange complexe d’inné et d’acquis. Pour commencer, votre profil génétique est déterminé par vos parents et vous n’y pouvez rien. Mais est-ce que cela signifie que vous devez demeurer à l’écart et ne pas essayer, si vous ne détenez pas les attributs génétiques pour participer à des épreuves en piste? Pas du tout! En fait, il existe de très nombreux exemples d’athlètes qui ont réussi malgré les obstacles et réalisé de grandes choses, même s’ils étaient trop maigres, trop petits ou dotés d’une composition corporelle peu adaptée au sport qu’ils pratiquaient. Par exemple, alors que la plupart des meilleurs coureurs du 400 m mesurent plus de 1,82 m, certains athlètes de bien plus petite taille atteignent des sommets. Lors des finales des Championnats du monde vétérans d’athlétisme de 2016 à Perth, en Australie, l’athlète allemand Meinert Moller, alors âgé de 50 ans, a couru l’épreuve en 53,58 secondes et l’Italien Francesco Dagostino a, pour sa part, terminé la course en 53,99 secondes. Meinert mesure, au mieux, 1,73 m, et Francesco ne dépasse pas 1,63 m! Ils ont terminé troisième et quatrième respectivement. Je me trouvais juste derrière eux, me classant cinquième dans cette épreuve, alors que je mesure 1,80 m.

Utilisation du calculateur de catégorie d’âge

J’ai mentionné le calculateur de catégorie d’âge plus haut, en indiquant qu’il s’agissait d’un bon outil vous permettant de déterminer si vous avez les affinités nécessaires pour courir une distance en particulier. Pour calculer la catégorie d’âge, on a recours à des tableaux comprenant des facteurs liés à l’âge et des normes relatives à l’âge afin de mettre tous les coureurs sur un pied d’égalité, quel que soit leur âge ou leur sexe. Les performances figurant dans ces tableaux peuvent être modifiées, peu importe l’âge du coureur, pour indiquer celles qui auraient été réalisées dans les meilleures années de l’athlète, permettant ainsi des comparaisons valides entre les personnes, à des âges différents.

  • Plus de 100 p. cent = Record mondial
  • Plus de 90 p. cent = Niveau mondial
  • Plus de 80 p. cent = Niveau national
  • Plus de 70 p. cent = Niveau régional

J’encourage habituellement les débutants à entrer différentes distances dans l’outil pour voir où ils font bonne figure, ce qui peut être très utile pour déterminer la meilleure distance. Mon frère Claude, arbitre en chef du programme de course des FAC, a réussi à mettre en œuvre l’approche des pourcentages relative aux groupes d’âge de la WMA (fondée sur l’outil de calcul de la catégorie d’âge) pour les courses sur piste des Championnats nationaux des FAC. Cela a permis de rehausser les anciennes normes de qualification, assurant l’impartialité et la parité à tous les coureurs des différentes distances, sans discrimination relative au sexe.

Le pouvoir de l’esprit

À l’adolescence, mon frère et moi n’aurions jamais pu participer à des championnats nationaux canadiens, car nous n’avions pas accès à un bon entraînement et à du soutien. De plus, nous n’avons jamais eu les dispositions génétiques pour atteindre les niveaux les plus élevés. Nous nous entraînions à notre manière, ce qui consistait essentiellement à sortir et à courir, en ayant une compréhension très rudimentaire du sport auquel nous nous adonnions. Je ne connaissais pas les différents types d’entraînement ni les systèmes énergétiques que les athlètes doivent développer, ce que j’ai découvert au début de la vingtaine.

Au fil des ans, des recherches personnelles nous ont permis d’en apprendre beaucoup, alors que nous tentions tous deux de combler le fossé entre les meilleurs sprinteurs et les coureurs de moyenne distance du monde, dans le cadre de nos événements respectifs. Si certains ont du talent à revendre, comme l’athlète olympique Paul Osland (voir la légende) et sont essentiellement plus doués que le reste d’entre nous sur le plan génétique, mon frère et moi réduisons l’écart au moyen d’un entraînement discipliné, d’une bonne alimentation, d’une excellente condition physique générale, de l’attention aux détails et de ce qui est, à mon avis, l’attribut le plus important, la motivation. Vous devez être disposé à payer le prix, chaque fois que vous mettez le pied au gymnase ou sur la piste, si vous voulez réaliser de grandes choses.

Je me réjouis à la perspective de vous en apprendre davantage dans les mois à venir, en commençant par un aperçu des éléments fondamentaux de l’entraînement et de l’entraînement croisé, en vue d’épreuves comme le 400 m et le 800 m. D’ici là, bonne course!

Première photo : L’Adjuc Faucher (dossard 890), arbitre en chef du programme de course des FAC, courant le 1 500 m des Championnats du monde des vétérans d’athlétisme de 2015, à Lyon, en France.

Deuxième photo : La championne Karla Del Grande – récemment intronisée au Temple de la renommée de l’association d’athlétisme des Vétérans canadiens en 2019, pendant sa course aux Championnats extérieurs d’Athlétisme Ontario des Vétérans, en 2019.

Troisième photo : Le président d’Athlétisme Ontario et ancien athlète olympique, Paul Osland, remporte haut la main le 800 m dans la catégorie H50 aux demi-finales de la WMACi, à Daegu, en Corée du Sud, en 2017.

Photographies : Avec l’aimable autorisation de Doug « Shaggy » Smith | Image en tête : Adobe Stock

Cet article est également disponible en : English (Anglais)

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