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Une baladodiffusion génère des discussions sur les questions concernant les vétérans

Par le Sous-lieutenant Ryan Bartlette, Shilo Stag

Matt Luloff est bien connu à la BFC Shilo. Affecté à la base au mois de février 2006, il a été accueilli par la brutalité typique des hivers des Prairies. Après avoir passé un certain temps avec le régiment de la garde à pied d’Ottawa, son expérience militaire était sur le point de changer de façon dramatique. Luloff a participé au déploiement de la FO 1-08 en Afghanistan et a été libéré pour des raisons médicales peu de temps après son retour au Canada. Depuis, il a beaucoup de difficulté à s’adapter à la vie civile. Son copain Maciej et lui ont toujours voulu s’impliquer dans la communauté des vétérans. Avec l’installation d’un studio d’enregistrement dans son sous-sol, la baladodiffusion Veteran X est née.

En plus de Luloff, d’autres soldats de la BFC Shilo ont participé à la baladodiffusion, incluant Ian Tait du 2 PPCLI et Jessica Wiebe du 26e Régiment d’artillerie de campagne. Le Stag a contacté Luloff au téléphone pour discuter des débuts de la baladodiffusion.

 

RB : Comment est né le projet de baladodiffusion?

ML : « J’ai construit un studio dans mon sous-sol pour enregistrer de la musique et Maciej a toujours voulu créer une baladodiffusion avec moi. Le projet a mûri pendant environ un an. On s’est assis, on a appuyé sur le bouton d’enregistrement, et on a parlé de sujets qu’on aimerait discutés dans une baladodiffusion. »

« Quelques mois plus tard, mon épouse a demandé ce qui était advenu de l’idée d’une baladodiffusion. Nous avons parlé musique et affaires courantes. Mais ces sujets font déjà l’objet de beaucoup d’attention. Mon épouse a souligné, « Vous avez toujours voulu vous impliquer dans la communauté des vétérans, n’est-ce pas? » En considérant que nous voulions lancer une baladodiffusion, elle m’a regardé en voulant dire « qu’est-ce que tu attends pour additionner deux plus deux! »

« Par conséquent, Lauren est notre chef de production. Elle nous garde sur la bonne voie, s’assure que je suis à jour dans mon travail éditorial et que nous avons constamment de nouveaux invités à qui parler. C’est devenu un partenariat tripartite. Nous avons enregistré les quatre premiers épisodes et nous les avons diffusés. Nous prenons une pose alors que je me présente [aux élections municipales], mais nous serons de retour en novembre. C’est un peu ainsi que tout a commencé. »

 

RB : Vous avez été libéré en 2009. Quelque chose que je connais — J’ai travaillé quatre ans au CISP de la BFC Shilo. J’assume que vous les connaissez assez bien?

ML : « Je n’ai jamais été affecté à un CISP. Comme la fin de mon contrat approchait, j’ai été libéré pour raisons médicales. »

 

RB : Pensez-vous qu’il aurait été préférable de passer un certain temps dans un CISP avant de faire la transition vers la vie civile?

ML : « Probablement, oui. Lorsque je suis retourné à Ottawa, j’ai eu de très bons gestionnaires de cas [ACC]. Ils me contactaient souvent pour s’assurer que je me rendais à mes rendez-vous, je sentais donc que je recevais le soutien dont j’avais besoin, une fois que je suis retourné à Ottawa. Je sentais qu’ils prenaient grand soin de moi. »

« Je suis immédiatement retourné aux études pour me garder occupé. J’ai créé un groupe de rock qui s’appelait Hearts and Minds. Je suis resté avec eux pendant dix ans… Nous avons même gagné 45 000 $ lors d’un concours organisé par une station de radio locale. J’avais un exutoire sain pour la façon dont je me sentais. Mais n’allez surtout pas croire que la transition a été facile. Depuis que je suis revenu vivre près de ma famille, je sens que j’ai un filet de sécurité. »

 

RB : J’ai écouté votre entrevue et je dois admettre – il y a plus d’une façon pour les gens de gérer la transition. Vous avez eu une bonne transition avec l’ACC alors que d’autres n’ont pas eu cette chance, et leur parcours s’est fait par l’entremise du Programme de SSBSO ou d’autres intervenants en soins de santé mentale.

ML : « Exactement. Je pense que chaque parcours est différent. C’était extrêmement frustrant au début, mais j’ai finalement obtenu les services dont j’avais besoin. Faire face à la bureaucratie peut être difficile, même dans les meilleures circonstances. »

 

RB : Lorsque j’ai écouté l’entrevue avec Jessica, je pouvais entendre que ce n’était pas facile pour elle. Je crois que c’était très important pour elle, car elle croit fermement que si elle traverse ces épreuves, d’autres doivent nécessairement traverser les mêmes épreuves. Si nous pouvons passer le message et qu’une personne réalise qu’elle n’est pas seule, alors cela en vaut la peine.

ML : « C’est ce que je pense. Si nous pouvons convaincre une personne de rester en vie, ou qu’elle a encore quelque chose à contribuer, alors je crois qu’on a atteint notre but. »

 

RB : J’ai remarqué des thèmes communs dans vos baladodiffusions, mais si vous désirez préciser quels sont, selon vous, les principaux thèmes qui doivent être abordés entre vétérans dans la communauté.

ML : « Je crois que nous devons parler de ce que nous avons ressenti lors de la transition vers la vie civile. Ce que représente réellement cette perte. Vous vivez dans une culture et vous l’abandonnez pour retourner à quelque chose que vous avez laissé derrière au début. Tous ceux qui se sont enrôlés dans les Forces armées jeunes s’enracinent dans cette incroyable culture, leur nouvelle famille. C’est comme s’ils vous forçaient d’oublier ce que vous avez vécu. Il est important de parler de comment ils se sentaient lorsqu’ils ont quitté l’armée. Il est important de mentionner comment leurs expériences les ont affectés, car nous devons dire aux autres personnes que c’est normal de se sentir comme ça. Ce sentiment de vide que vous avez après le service militaire est normal. Il est important de parler de vos relations. Il est important de parler de vos passe-temps. Il est important de mentionner à qui ils parlent, de montrer aux autres les différentes voies possibles pour vous rendre où vous devez aller. »

 

RB : Lorsque je travaillais avec le CISP, j’ai rencontré un homme dont le passe-temps était le tricot. Ce que je comprends mieux maintenant. Il avait l’image d’un soldat coriace, mais admettait sans gêne qu’il aimait tricoter. Avec tant de périodes sombres dans sa vie, le tricot était très réel. Les réalisations sont mesurables. Visualisable. Quelque chose qui manquait dans sa vie.

ML : « Je pense que c’est formidable. Il y a aussi quelque chose de très réfléchi dans le tricot. Vous devez vous concentrer. Votre corps et votre esprit doivent travailler ensemble. Je trouve qu’avec le BSO et le TSPT, l’esprit et le corps sont un peu déconnectés. Si vous pouvez trouver une activité, que ce soit la méditation, apprendre à jouer d’un instrument ou tricoter, vous pouvez les reconnecter. C’est un outil très puissant. »

 

RB : Vous suivez ce parcours depuis dix ans. Si quelqu’un venait vous voir aujourd’hui, quels conseils donneriez-vous aux personnes qui commencent à avoir ces sentiments?

ML : « La première chose, levez la main. Il n’y a pas de honte à se sentir comme ça. Levez la main et dites que vous avez besoin d’aide. Contacter une personne de confiance, et peut-être quelqu’un qui traverse les mêmes épreuves. Ça prend un soldat pour former un civil à faire la guerre, mais ça ne prend pas un soldat pour former un autre soldat à devenir un civil. Vous pouvez obtenir l’aide d’un civil. Vous apprenez maintenant comment devenir un civil. Ma psychologue, qui m’a finalement convaincue de faire de la thérapie d’exposition, n’a jamais servi dans les Forces, mais elle me soigne. J’ai le sentiment qu’elle m’a redonné mon ancienne vie. Il n’est pas nécessaire que le soutien provienne d’un soldat – il peut provenir de quelqu’un d’autre. Que ce soit un ami ou un professionnel de la santé, c’est le type de relation qui va vous permettre de passer à travers les épreuves. »

 

RB : Ça peut être difficile. Parfois, les personnes demandent de l’aide, mais elles ne sont pas écoutées. Vous devez vous convaincre que tout cela en vaudra la peine.

ML : « C’est malheureusement courant, mais je suis d’accord. »

 

Site Web de la baladodiffusion (en anglais seulement)

Site web de Matthew Luloff, conseiller municipal à la Ville d’Ottawa

Cet article est également disponible en : English (Anglais)

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